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Awale Mag

Magazine pour la créativité de l'Afrique

Auteur/Author: Aissatou GAYE

Le boom du e-commerce en Afrique

Ils s’appellent JUMIA au Nigeria et dans 25 autres pays d’Afrique, DIAYMA au Sénégal, KALAHARI en Afrique du Sud, MADEINMAROCCO… au Maroc bien sûr. Ce sont des sites de e-commerce comme il en essaime tous les mois, participant à une dynamique sans précédent du digital en Afrique.

Si créer son site de e-Commerce peut être relativement simple, le faire vivre, fédérer une vraie communauté et le transformer en une entreprise rentable reste le défi auxquels toutes ces entreprises doivent faire face.

  1. Le e-commerce en Afrique

Au sens strict du terme, le e-commerce est une forme de commerce en ligne où tous les produits en vente le sont sur un site Internet dédié. Le business model en est classique : le site fonctionne comme une vitrine en ligne où sont exposés les produits en vente dans la façon la plus attractive possible. Le choix de l’acheteur, son paiement, tout se passe en ligne. Et la livraison du produit est organisée à distance. Popularisée par de grands sites comme l’Américain EBay, Amazon, le français La Redoute, cette forme de vente en ligne est rentrée dans les mœurs et  habitudes de consommation des sociétés occidentales.

En Afrique, le e-commerce  en est à ces débuts. Quelques sites de vente en ligne existent depuis longtemps, comme BID OR BUY en Afrique du Sud, créé en 1999.

Mais le vrai tremblement a commencé en 2012 avec la création d’Africa Internet Group, filiale de l’incubateur allemand ROCKET INTERNET. JUMIA en fut le premier produit, lancé en 2013 au Nigéria. Par la suite, JUMIA Egypte, Maroc, Afrique du Sud furent créés. Le site est maintenant décliné sur 25 pays africains, employant une workforce de 3500 employés.

Le concept suit une logique assez simple. Il existe en Afrique une émergence d’une nouvelle classe moyenne jeune (20-35+ ans), avide de consommation. Ils travaillent, sont nourris à la génération Smartphone et Tablette, ont besoin d’ordinateur, de chemises, de sacs et n’ont pas de temps à perdre… JUMIA leur propose tout cela en un simple clic.

Par la suite viennent KAYMU, JOVAGO, HELLOFOOD, … du même groupe, pour cerner tous les besoins de consommation de cette nouvelle classe. Soutenu par un effort Marketing et Communication sans précédent, AIG se construit une place de Leader, dans ce nouveau marché.

D’autres sites de e-commerce généralistes percent également à côté. Il faut souligner que cet essor n’aurait été possible sans l’effort des Etats et compagnies téléphoniques pour démocratiser l’accès et l’usage de l’Internet. De plus, comme le téléphone mobile a supplanté les lignes fixes en Afrique en moins de 10 ans, beaucoup d’africains auront accès à Internet par leur mobile. Un tiers des 1,2 milliards d’africains devraient avoir accès au net d’ici 2017.

Cependant, tous ces sites de e-Commerce font face à des défis et les esquisses de solutions  ont fait dévier le e-commerce du système classique pour en faire un e-commerce à l’Africaine.

  1. Le tryptique : CONFIANCE, LIVRAISON, PAIEMENT
  • Se pose tout d’abord la question de la crédibilité, de la confiance. Internet cristallise toutes nos suspicions en matière d’escroquerie, de cybercriminalité, et il est difficile pour un nouveau Site de vente en ligne de gagner la confiance de sa clientèle potentielle, notamment en Afrique. Le paiement à la livraison est une tentative pour contourner ce problème ; le « je paie ce que je vois » contribue à donner un relatif sentiment de sécurité à l’acheteur africain en ligne. De plus, communiquer, publier, investir l’espace audiovisuel contribue à donner du crédit à un site de vente.
  • Se pose également la question de la livraison, notamment dans des zones reculés ou difficiles d’accès. Les systèmes de poste, malgré les efforts déployés pour comprendre et intégrer les défis du e-commerce et de la distribution en général, ne remportent pas les faveurs en raison de préjugés négatifs. Et confier ce service à un prestataire extérieur revient cher. La solution est donc d’intégrer soi-même ce service de livraison en achetant motocyclettes, minivans, etc pour faire face à ces impératifs. Mais cela suppose des moyens économiques derrière.
  • Enfin, se pose la question du moyen de paiement.  Les moyens de paiement électroniques ont peu à peu pris place dans le portefeuille des africains. Cependant ces cartes restent encore élitistes, dans un continent où le taux de bancarisation est en moyenne de 11% avec de grandes disparités selon les pays. Payer ses achats en ligne par sa carte bancaire reste également un moyen peu plébiscité, même par cette élite. Mais une nouvelle offre monte : celle de la carte « bancaire » sans compte bancaire. Il s’agit d’une carte de paiement comme celle de Wari, de Poste Cash au Sénégal, qui se recharge en prépayé et qui permet d’effectuer ses achats dans les hypermarchés, les restaurants. Les fournisseurs de ces solutions de paiement, pour s’adapter au commerce en ligne, développent maintenant des API intégrables aux sites de commerce en ligne (comme Paypal).

Il est même possible pour certains sites de payer par Mobile money.

Tous ces nouveaux moyens techniques ne sont pas encore entrés dans l’usage africain et le meilleur moyen de faire payer une commande en ligne, en Afrique, reste encore le Paiement à la livraison. En attendant d’autres lendemains.

  1. Un autre e-commerce

Face à la mer de sites de e-commerce généralistes, où l’on trouve tout et du tout, il y a de la place pour des sites qui apportent une différence, un concept intéressant.

Parmi eux, SOORETUL, un site de e-commerce sénégalais. SOORETUL (Ce n’est plus loin, en langue locale) est un site qui propose à la vente au Sénégal des produits locaux transformés. Le site soutient les structures de transformation de produits agricoles en leur offrant une plateforme de commercialisation, au détail comme à grande échelle et en les fédérant en communauté. Il rapproche l’offre rurale de la demande urbaine en un clic, en mettant à disposition de la clientèle les produits cultivés et transformés dans l’intérieur du pays.

Une initiative sociale à encourager !

A côté, nous avons AWALEBIZ, qui se veut une plateforme au service de la création africaine.

Tous les acteurs de l’art, la culture et la mode africaine trouvent sur AwaleBiz un espace d’exposition de leur créativité et ont l’opportunité de vendre leurs œuvres au local et à l’international. Le but en est de mettre en exergue l’expertise africaine et lui donner une dimension mondiale. Les vendeurs sont donc partout en Afrique (Sénégal, Benin, Cameroun, Ghana,…) et peuvent vendre leurs produits partout dans le monde ; le site s’engageant à offrir la meilleure qualité possible à sa clientèle, la sélection est donc soignée.

Tous ces nouveaux acteurs du ecommerce sont donc force de proposition pour faire bouger le monde digital africain.

Et les perspectives sont bonnes : le cabinet Mc Kinsey, dans une étude sur le e-commerce en Afrique, prévoit que ce marché pourrait en 2025 peser 75 Milliards de dollars pour 600 millions de consommateurs africains. La multiplication de l’offre E-commerce témoigne donc d’un dynamisme nouveau de l’économie africain.

Là où des sites comme le français Cdiscount viennent s’implanter en Afrique, espérons que des acteurs africains ne seront pas en marge pour tirer profit de cette opportunité.

 

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Auteur/Author: Aissatou GAYE

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