Awale Mag

Magazine pour la créativité de l'Afrique

Auteur/Author: Lucrèce GANDIGBE

A la découverte du Bogolan

Le Bogolan est un textile originaire de l’Afrique de l’Ouest principalement le Mali, le Burkina et la Guinée. Étymologiquement, le terme bogolan vient des mots Bambara  »bogo » et  »lan » signifiant respectivement  »terre » et  »avec ». C’est un tissu dont la confection et le port sont ancrés dans les traditions africaines. Mais d’où vient cette tradition du bogolan ?

Les origines du bogolan
La légende raconte qu’une femme revêtue d’un pagne teint au n’galama l’aurait malencontreusement tâché avec la boue du fleuve Niger. En essayant de le nettoyer, elle remarque que la boue a teint son pagne et que la marque est indélébile. La découverte du bogolan viendrait donc de cet événement fortuit. Le bogolan est devenu une tradition chez de nombreuses ethnies de l’Afrique de l’Ouest comme les Bambaras, les Dogons, les Bobos, les Sénoufos et Miniankas et les Malinkés. Chacun de ces peuples a développé ses propres motifs et ses propres styles à travers les âges. Mais comment peut-on expliquer cette alchimie entre l’argile du fleuve Niger et le coton ?
Une réalisation minutieuse et très artistique.

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Les teintures utilisées pour le bogolan sont entièrement d’origine minérale et végétale (écorces d’arbres, feuilles d’arbres…). Elles ne contiennent aucun apport chimique. L’artisane est assise à terre devant sa calebasse retournée qui lui sert de support. Tous ses instruments à tracer sont également à proximité (des traces-lignes (kalama) plus ou moins fins, des spatules en métal, des tiges de mil, de rônier, des plumes, des brosses). Le tissu à utiliser est préparé de façon traditionnelle par des tisserands. Ce sont de larges bandes de tissus en coton qui sont par la suite cousues les unes aux autres. Une fois la tenue confectionnée, elle est teinte en général avec du n’galama pour lui donner une teinte de fond et favoriser la fixation d’autres couleurs. Après rinçage et séchage, on lui applique de l’argile en prenant soin de réaliser des motifs originaux. Une fois la teinture réalisée, le vêtement est séché au soleil. Lorsqu’il est enfin sec, le vêtement est lavé de ses résidus de teintes. C’est un travail de longue haleine qui requiert patience et dextérité. Les femmes africaines avaient l’habitude de confectionner pour leurs hommes des tenues de chasse, de fêtes, de parades… Chaque tenue de par ses motifs et sa couleur était destiné à un usage bien particulier.
Le bogolan de nos jours
Dans une société industrialisée dominée par la mode occidentale, le bogolan a été quelque peu relayé au placard. Heureusement les effets cumulés de l’Etat malien, et de certaines associations ont permis de préserver cet héritage culturel. En particulier, Chris Seydou, couturier de renommée internationale a réussi à porter le Bogolan hors des frontières africaines. Il y a une quinzaine d’année environ, ses vestes, gilets, pantalons, écharpes, robes en bogolan étaient présents sur les plus grands podiums du monde. Le mot  »Bogolan » était devenu le mot bambara le plus connu. Cela a suscité une forte demande du produit. Devant la demande de plus en plus croissante, les femmes de nos tribus ne sont plus les seules à confectionner le bogolan. De nouvelles techniques ont vu le jour. D’autres supports sont utilisés pour coucher la technique du bogolan entre autres le lin, la cretonne, le bazin. Chez AwaleBiz nous vous proposons une large variété de produits bogolan avec notre partenaire Sugnu Store.

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Auteur/Author: Lucrèce GANDIGBE

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